À partir de 1979, grâce à M. Yvon Birrien, ingénieur divisionnaire des TPE, († 2023), j’ai pu créer une « Cellule Formation » à la Direction Départementale de l’Équipement des Deux Sèvres.

Outre les préparations aux concours et autres stages de perfectionnement aux techniques professionnelles, j’ai eu à cœur d’ouvrir le champ des connaissances à l’architecture ancienne et moderne, à l’histoire des paysages, des jardins, et autres domaines périphériques rattachés aux métiers de l’Équipement.

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Les confitures

Les confitures ? une affaire de fruits, de bassine, et de cuisson.

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Dans les années 1950, ma grand-mère faisait des confitures « à l’ancienne », sans le savoir. La recette n’avait pas dû beaucoup changer depuis l’invention du sucre cristallisé, blanc ; le « sucre à confiture ». D’abord, se procurer les fruits. Quand je dis « se procurer », le verbe ne convient pas. Nous utilisions les fruits du jardin ou ceux que l’on nous offrait. Pas question d’acheter pour faire de la confiture, pas plus que pour manger d’ailleurs, si ce n’est à de rares occasions ou alors pour quelques fruits exotique comme oranges, citrons ou abricots que les hivers trop froid interdisaient à Beaumont. Le pamplemousse, guère apprécié à cause de son amertume n’arrivera que plus tard, en même temps que l’avocat. Mangues, noix de coco etc, ne seront, pour ma mère, que des folies de fin de carrière (elle qui prendra le prétexte de les faire découvrir aux enfants de la maternelle), en tous cas certainement jamais goûtés par mes grand parents, à l’exception des dattes qui évoquaient les colonies et qui étaient rapportées en cadeau par les cousins partis en Afrique… La confiture est là pour absorber les surplus des cueillettes familiales. Ou alors, les voisins et amis, après avoir mangé tout leur saoul et réalisé leurs propres conserves, donnent ce qui leur reste encore : « Elles vont se perdre », ou, comme l’a dit à maman ce père d’ élève : « les cochons n’en veulent plus ». Après ces arguments définitifs, on ne peut qu’accepter. L’essentiel est bien de ne pas gaspiller et, au moins, d’en faire profiter quelqu’un, à charge de revanche, et ainsi perpétuer la tradition de l’offrande en nature pour l’entraide et la convivialité. Les pots seront donc garnis de cerises, prunes d’Agen qui abondent dans la région, poires, figues, coings, cassis, groseilles, melons d’Espagne ou tomates vertes. Les pêches sont plutôt destinées à la conserve en bocal. La part aura été faite des fruits au sirop ou à l’alcool, en ce qui concerne les cerises et les pruneaux. Les cerises, particulièrement abondantes, viennent du Pic, propriété du grand-père maternel. Robert, le gendre, a greffé deux cerisiers au bord de la route et la cueillette est reçue dans de grand paniers en osier. Mon père monte dans l’arbre et nous le guidons puisque une fois là haut beaucoup de fruits ne sont plus visible, cachés par les feuilles. Bien rouges et biens juteux. J’ai des souvenirs de fruits mâchouillés, croqués, pelés, tellement abondants que je pouvais tout essayer en matière de préparations et de dégustations.

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Secrets de Pays. N° 9, 1er semestre 2017

« Qu’est devenue la Madelon ? » chantait Charles Trenet en 1960. Aujourd’hui, cent ans après la Grande Guerre, la Madelon et les Poilus de 14-18 ont tous disparu, jusqu’au dernier témoin.

Disparus, certes, mais pas dans notre mémoire où leur souvenir suscite tant d’émotions. Ne s’agissait-il pas de nos grands-pères ou arrière-grands-pères ? Cruels destins que les leurs, qui furent envoyés dans des batailles, les plus terribles jamais connues.

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Les Ostensions Limousines sont célébrées tous les 7 ans depuis le 16e siècle. Il s’agit de cérémonies religieuses millénaires qui commémorent le miracle des Ardents de 994. Les Limousins vénèrent alors leurs saints fondateurs et exposent les reliques aux nombreux spectateurs venus participer à ces manifestations. L’événement a lieu à Limoges et dans 14 communes de la Haute-Vienne. C’est un moment fort de rassemblement des représentants du Clergé, des autorités civiles et militaires, et du peuple. Ces célébrations, uniques en France, revêtent un caractère identitaire important pour les limousins. Elles se situent entre le profane et le sacré » (Extrait du communiqué de presse publié par Opus87.fr). À l’annonce de ces prochaines cérémonies ancestrales et « somptueuses », je me suis souvenue d’une carte postale adressée à « Messieurs Promis, au 27e chasseurs, 1er escadron, 2e peloton, à Limoges », à savoir mon grand père Avit et son frère Antoine en service militaire. Pas de date lisible mais d’autres correspondances à cette adresse sont de 1912.

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Eliane Promis

Auteur

Diplômée de la Faculté de Lettres et Sciences Humaines de Bordeaux.Présidente honoraire des Amis des Musées de Niort.Membre de la Société d’Art et d’Histoire de Sarlat et du Périgord Noir.Membre de la Société Historique et Archéologique du Périgord.