Paru dans le Bulletin de la Société d’Art et d’Histoire de Sarlat et du Périgord Noir. N° 160- 2020/1
Un coffre en bois, oublié dans une cave et, dedans, assez bien conservée, la correspondance d’un couple d’agriculteurs, petits propriétaires d’une ferme à La Potence de Faux, canton d’Issigeac.
Ils se sont mariés en 1901 et ont acheté, en 1904, grâce à la dot et aux prêts de la famille, une modeste maison composée de rez de chaussée [cuisine et deux chambres] et grenier, grange, étables, dépendances et cour attenant. Une parcelle contiguë de deux hectares environ et traversée par un chemin communal, contient le puits et les étables. S’y ajoutent quatre hectares de terres labourables, vigne, bois, cabane de vigne et mare. Il n’est compris à la vente aucun cheptel. Le couple en prend possession en septembre. Le fils qu’ils ont tant attendu ne verra le jour que sept ans plus tard et, par malheur, décèdera à trois semaines, d’une pneumonie. Il avait été baptisé Delorin !
Jean Delord est né à Badefols en 1875. Ayant quitté la ferme originelle pour aller à Verdon, où il fait la connaissance d’Angèle Sort, dite Angéline, fille d’agriculteurs, comme lui, et installés à Faux. C’est là que s’implante la nouvelle famille. Le 15 mai 1909, naît Georgette.
Angéline, de sept ans la cadette de son mari, est sous l’autorité de celui-ci, comme il se doit à l’époque. Elle n’imaginait pas se trouver seule à guider la ferme pendant les quatre ans de la Grande Guerre, longue période qui ne sera entrecoupée que par trois ou quatre permissions de son poilu.
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